Les axes de recherche de l'appel à chercheurs de la BnF > Axe 2 : Etude du livre et des bibliothèques

Le deuxième axe est celui de l’histoire de la Bibliothèque, des bibliothèques en général, et du livre.

La Bibliothèque considère qu’il est de son devoir de favoriser toute recherche dans ce domaine particulier, non seulement parce qu’elle en est le terrain par excellence, mais aussi parce qu’elle y dispose, au travers de son personnel, d’une forte légitimité scientifique. Elle distingue les chercheurs associés sur l’étude du livre et des bibliothèques, par l’octroi d’une bourse BnF spécifique. Elle œuvre dans ce domaine à travers son Comité d’histoire, ouvert aux experts universitaires. Les sujets de recherche proposés dans ce dossier sur l’histoire de la Bibliothèque constituent un prolongement des travaux du Comité d’histoire.

Pour guider les chercheurs dans leur choix, la Bibliothèque propose des sujets s’inscrivant dans ce second axe « Etude du livre et des bibliothèques ». Une place particulière est réservée à la question du genre et de la sexualité en bibliothèques et singulièrement à la BnF.

Etude du livre et de la presse

 22.  Les armoriaux peints manuscrits du département des Manuscrits (XVe-XVIIIe siècles)

Le département des Manuscrits de la BnF possède une des plus importantes collections au monde de recueils d’armoriaux peints du Moyen-Âge et de l’époque moderne. Ces recueils eurent un très grand succès à partir du xve siècle, même si quelques exemples antérieurs existent, parfois connus par des copies postérieures. Par leur variété (armoriaux généraux, de familles, de régions, de tournois, d’ordres de chevalerie, de personnages réels ou imaginaires) ils permettent de jeter un regard original sur l’histoire sociale et culturelle de l’Europe, notamment du royaume de France. Très sollicités et fragilisés, ils ont été microfilmés en noir et blanc, un support peu adapté à ce type de document où la couleur a une place primordiale. Un premier ensemble de 200 armoriaux (hors Armorial général de France déjà en ligne) a été numérisé en couleur en 2013 et versé dans Gallica. Cette mise en ligne offre une matière extrêmement précieuse pour les chercheurs et nécessite d’être suivie d’une refonte des notices et d’une étude globale de la collection.

Volumétrie : environ 250 volumes, à préciser durant l’étude et à compléter par des investigations dans les autres fonds (NAF et érudits en particulier).

Pistes de recherche : les armoriaux offrent des pistes de recherches variées alliant l’histoire du livre (typologie et réalisation des volumes), l’histoire sociale et politique (identification des commanditaires, raisons de cette commande) et l’histoire culturelle (image de la société que renvoient les armoriaux, devenir des armoriaux dans les bibliothèques érudites à partir de la fin du xvie siècle).

Contact : Isabelle le Masne de Chermont, directrice du département des Manuscrits, Tél. : 01 5379 8322, isabelle.le-masne-de-chermont ( arobase ) bnf ( point ) fr
Maxence Hermant, référent scientifique, Tél. : 01 5379 4617, maxence.hermant ( arobase ) bnf ( point ) fr

23.  Les cartonnages illustrés de livres pour l'enfance et la jeunesse

La Bibliothèque conserve de nombreux volumes des xixe et xxe siècles entrés par dons ou acquisitions, alors que les éditeurs ne déposaient que des versions « économiques ». Il n’existe pas de réelle vue d'ensemble de ces collections, mettant en rapport les grandes collections privées avec les collections publiques. Les fonds à étudier sont conservés aux départements Littérature et art et Philosophie, histoire, sciences de l’homme, au Centre national de la littérature pour la jeunesse et à la Réserve des livres rares.

Volumétrie : quelques milliers de volumes.

Contact : Jacques Vidal-Naquet, directeur du CNLJ, département Littérature et art, Tél. 01 5379 5501, jacques.vidal-naquet ( arobase ) bnf ( point ) fr

24.  Le livre d’images ou album pour l'enfance et la jeunesse, 1820-1920

Le livre d’images se développe massivement à partir du xixe siècle suite aux progrès de l’imprimerie et touche très vite l’édition pour enfant, connaissant des formes variées jusqu’à évoluer vers les « albums ». Luxueux parfois, souvent populaires, une grande partie des ouvrages conservés à la Bibliothèque nationale de France est mal connue.

Volumétrie : L’étude s’appuiera, de manière transversale, sur les fonds conservés au département Littérature et art, au Centre national de la littérature pour la jeunesse, au département des Estampes et de la photographie et à la Réserve des livres rares.

Contact : Jacques Vidal-Naquet, directeur du CNLJ, département Littérature et art, Tél. 01 5379 5501, jacques.vidal-naquet ( arobase ) bnf ( point ) fr

25. Les magazines de comics édités en France, à partir du don Marvel 

La bande dessinée américaine, à l’influence souveraine dans les années 1930 en France, a connu un regain de popularité à travers le genre des « super-héros » à la fin des années 1960. Longtemps mal reçues en France, les productions des éditeurs comme Marvel ou DC Comics se sont inscrits dans le continent des publications populaires « illégitimes », passant à travers des filtres éditoriaux nombreux, avant d’arriver récemment à une certaine reconnaissance critique. Le don Marvel constituera la pierre angulaire de cette recherche ; en effet, un don exceptionnel de revues américaines illustrées est entré à la BnF en 2006 : 168 titres de comics de l’éditeur Marvel ont été donnés par le Centre national de la bande dessinée et de l’image (Angoulême), pôle associé de la BnF pour la bande dessinée.

Volumétrie : plusieurs dizaines de milliers de fascicules, dans les collections des départements Littérature et art, et Droit, économie, politique.

Pistes de recherche : les rapports avec la censure, les questions de traduction, le choix des séries, les contacts commerciaux, les éditeurs spécialisés...

Contact : Jacques Vidal-Naquet, directeur du CNLJ, département littérature et art, Tél. 01 5379 5501, jacques.vidal-naquet ( arobase ) bnf ( point ) fr

26.  Les artistes et le livre pour enfant au xxe siècle

Depuis la naissance d’une bibliophilie consacrée au livre pour enfant, à la fin du xixe siècle, jusqu’aux créations uniques artistiques actuelles, le livre pour enfant est devenu un terrain de création pour des objets rares, étonnants, exceptionnels, faisant souvent intervenir des artistes étrangers au monde du livre (peintres, sculpteurs, designers, décorateurs....). La question du livre d’artiste est une des pistes de recherche émergente en France comme aux États-Unis, se heurtant souvent à une définition encore complexe, et à des corpus restant encore largement à établir ou découvrir.

Volumétrie : quelques milliers de titres. Fonds conservés à la Réserve des livres rares, au département Littérature et art, au Centre national de la littérature pour la jeunesse.

Pistes de recherches : Le chercheur aura à dégager une problématique, l’intérêt du livre d’artiste pour enfants est qu’il se situe et se développe dans des champs multiples : entre bibliophilie, intervention artistique et création.

Contact : Jacques Vidal-Naquet, directeur du CNLJ, département Littérature et art, Tél. 01 5379 5501, jacques.vidal-naquet ( arobase ) bnf ( point ) fr

27.  Les livres de l’avant-garde russe dans les collections de la Bibliothèque nationale de France 

La BnF possède une belle collection de livres originaux de l’avant-garde russe, acquise entre 1962 et 1982 par Monique de Vigan puis Marie Avril qui en raconte la genèse dans un article (Avril, Marie, « Le fonds des imprimés de la Bibliothèque nationale » in : Revue de la Bibliothèque nationale, juin 1983, n°8, p. 24-31). L’avant-garde russe était quasiment inconnue du grand public français en 1962. Les spécialistes s’y intéressèrent grâce aux travaux de Vladimir Markov, dont la thèse sur le poète Khlebnikov fut publiée par l’université de Berkeley en 1962, l’année même où Camilla Gray publia à Londres « The Great experiment : Russian art, 1863-1922 », traduit en français en 1968.  L’exposition Paris-Moscou en 1979 la fit connaître au grand public ; les ventes de livres se succédèrent chez Sotheby et à Drouot, la spéculation s’en empara, les prix flambèrent,  hors d’atteinte des budgets courants de la bibliothèque. Cependant, Marie Avril avait su sensibiliser ses collègues à l’intérêt du sujet et le département de la Réserve des livres rares continua la politique d’accroissement dans la mesure de ses moyens. De par l’histoire de sa constitution, la collection de la BnF  témoigne d’une connaissance intime de la production intellectuelle et artistique russe, connaissance facilitée par la ville même où vivaient Nathalie Gontcharova, Sonia Delaunay, Iliazd, Annenkov, Doboujinsky et tant d’autres artistes et familles russes, et où les passerelles et les réseaux de sociabilité facilitaient les échanges et la constitution de collections.

Volumétrie : Le fichier de l’avant-garde russe, conservé par les chargés de collection du fonds russe au département Littérature et art, compte 250 livres d’avant-garde, publiés de 1910 à 1926. Il est en cours de rétroconversion dans le catalogue général. Il n’est probablement pas exhaustif pour les références d’ouvrages qui ont pu arriver en don ou par dation. Des départements comme celui de la Musique, la Bibliothèque-musée de l’Opéra, les départements des Estampes et de la photographie, des Arts du spectacle, et la Réserve des livres rares possèdent sans doute d’autres œuvres, non répertoriées dans ce fichier interne.

Pistes de recherche : La collection peut être étudiée de divers points de vue au-delà de son contenu littéraire et artistique. D’abord comme témoin d’une période particulière de l’histoire du livre russe, à travers ses éditeurs, son art typographique, ses collectionneurs et libraires. Ensuite, comme témoin de l’existence de réseaux de sociabilité dont les dédicaces laissent une trace. Enfin, comme maillon d’une chaîne plus large, incluant les ouvrages d’autres avant-gardes européennes dont la bibliothèque possède aussi de beaux exemples. Cette étude pourrait déboucher sur un projet de valorisation faisant écho aux diverses manifestations de célébration du centenaire des avant-gardes, en France et à l’étranger.

Contacts : Jean-Marie Compte, directeur du département Littérature et art, Tél. 01 5379 5200, jean-marie.compte ( arobase ) bnf ( point ) fr
Françoise Hours, chef du service des Littératures du monde, Tél. 01 5379 5266 , francoise.hours (arobase) bnf (point) fr

28.   La collection des manuscrits khmers

En 1865, l'Académie des inscriptions et belles-lettres remit à la Bibliothèque nationale huit manuscrits khmers : c'est là l'origine de la collection. La collection comprenait essentiellement des manuscrits sur feuilles de palmier et sur papier, en caractères latins ou cambodgiens, ainsi que ses travaux originaux de lexicographie, traductions et essais divers. En 1912, la collection de manuscrits khmers comptait 131 pièces. Elle s’est constamment enrichie depuis par divers dépôts (Inalco, Musée Guimet) et acquisitions (manuscrits khmers de la collection Smith-Lesouëf léguée à l'État en 1950, don de Jean Filliozat) qui vinrent compléter l'une des plus importantes collections européennes de manuscrits khmers. Plusieurs ouvrages sont parfois regroupés sous une même cote et un manuscrit peut à son tour contenir un grand nombre de textes.

Les manuscrits khmers comprennent des ouvrages d'instruction religieuse (dés), de textes littéraires (lpens), de textes juridiques, de traités techniques variés (kpuon) concernant la médecine, la pharmacopée, l'astronomie, l'astrologie, la divination, la démonologie, des syllabaires et dictionnaires dont certains en français (dictionnaires de la collection Hennecart), de travaux d'orientalistes. Ils sont inscrits soit sur feuilles de latanier, sur dépliants en forme de paravent, sur papier européen. Outre les manuscrits en langue khmère, on trouve dans cette collection quelques textes en pâli-khmer et en pâli, en écritures crîen et mul. Quelques relevés d'inscriptions de monuments khmers, frottis au crayon — les premiers jamais réalisés —, provenant de Doudart de Lagrée, figurent dans le fonds indochinois (Indochinois 81).

La première liste des manuscrits cambodgiens, établie en 1878 par Léon Feer, fut tenue à jour par des addenda manuscrits jusqu'en 1912. Le catalogue d'Antoine Cabaton qui réunissait à l'époque les manuscrits cambodgiens, birmans, laotiens, lolos et siamois remplaça alors cette liste. En 1953, Au Chhieng donna dans son Catalogue du fonds khmer, qui comprend 350 notices, une description plus détaillée des textes en langue cambodgienne. Contrairement au titre du catalogue, à la note qui figure à la page xi (« le fonds indochinois, dans sa composition actuelle, justifie assez mal sa dénomination : aussi les différents manuscrits qui le composent seront regroupés et constitueront prochainement des fonds séparés ») et à la liste de concordance qui figure à la fin du volume (concordance entre « les manuscrits de l'ancien fonds indochinois par Cabaton avec ceux du fonds khmer »), les manuscrits cambodgiens figurent toujours dans le fonds indochinois.

Volumétrie : 350 manuscrits.

Pistes de recherches : littérature scientifique et religieuse khmères, histoire du livre en Asie du Sud-Est, et de l’écriture. Le travail demandé au lauréat, dès la 1e année, pourrait consister à réviser les notices de Au Chhieng du fonds des manuscrits khmers dans BnF archives et manuscrits, sur le modèle de ce qui a déjà commencé à être signalé.

Contact : Isabelle le Masne de Chermont, directrice du département des Manuscrits, Tél. : 01 5379 8322, isabelle.le-masne-de-chermont ( arobase ) bnf ( point ) fr

29.   La diffusion de la science dans la presse quotidienne au prisme des données

De la « science populaire » à la « science citoyenne » en cheminant par la vulgarisation scientifique, la communication de la science au grand public – voire la participation de ce dernier à sa co-construction  – aura recouvert au fil du temps de multiples formes et été pratiquée au nom d’objectifs variés, voire contradictoires. La presse quotidienne, média populaire par excellence, est un témoin majeur de ces évolutions.

Les différents régimes de relation entre science et public ont déjà été étudiés (citons par exemple les travaux de Bernadette Bensaude-Vincent et Jean-Pierre Vittu). Mais une approche s’appuyant sur les méthodes et la boîte à outils des humanités numériques reste à conduire. Aujourd’hui, alors que les matériaux numériques abondent et que s’annoncent les germes inquiétants d’une nouvelle ère informationnelle (que l’on pourrait qualifier de « post-factuelle »), une telle étude semble plus que jamais légitime.      

Volumétrie : Le chercheur aura à sa disposition des corpus textuels numériques couvrant la presse quotidienne du xixe au xxie siècle issus des collections de presse du département Droit, Economie, Politique pour la période 1800-1945, et de celle du Dépôt légal numérique pour la période contemporaine (à partir des années 1990). La période non couverte par les collections numériques de la BnF pourra être abordée par  le biais des ressources numériques disponibles dans les emprises de la bibliothèque (par exemple les archives du journal Le Monde).

Pistes de recherche : Les corpus textuels de la période 1800-1945 se caractérisent par une structuration logique (format XML) facilitant l’application des techniques classiques de fouille de texte et de données (analyse des discours, classification des thématiques, modélisation des textes, analyse statistique, visualisation de données, etc.). Les collections du Dépôt légal numérique n’offre pas d’accès généralisé au texte mais sont néanmoins interrogeables par requête sur des critères bibliographiques et mot-clé (indexation plein texte). Il se consacrera à mettre en jeu hypothèses et interprétations à la lumière d’une analyse diachronique généralisée (données textuelles et quantitatives), massive (plusieurs millions de pages) et inscrite dans une longue temporalité.

Contact : Jean-Philippe Moreux, expert au département de la conservation, Tél. : 01 5379 4860, jean-philippe.moreux ( arobase ) bnf ( point ) fr
Philippe Mezzasalma, chef du service Presse, Tél. : 01 53 79 5103, philippe.mezzasalma ( arobase ) bnf ( point ) fr

30.  Les collections de presse en yiddish des années 1880 à la fin des années soixante conservées à la Bibliothèque nationale de France

L’immigration en France des Juifs d’Europe centrale et orientale entre les années 1880 et la Première Guerre mondiale, dans l’entre-deux-guerres et au cours des années qui suivirent la Shoah a donné lieu à la parution de journaux essentiellement publiés à Paris ou dans les communes avoisinantes. Cette population largement yiddishophone, s’est organisée en associations (parmi lesquelles les « Landsmanschaften », ou sociétés d’originaires) de sensibilité communiste, bundiste, sioniste ou encore religieuse et voyait dans la création et la consommation de journaux un lien communautaire indispensable.  Sa presse d’opinion en yiddish offrait des chroniques politiques sur la France, les pays d’origine et l’actualité internationale mais donnait aussi des informations pratiques utiles aux Juifs immigrés. Si certains titres étaient imprimés à plusieurs milliers d’exemplaires comme Naye Prese ou encore Parizer Haynt, d’autres l’étaient à un nombre beaucoup plus restreint, mettant aujourd’hui ces titres au rang de documents rares.

Volumétrie : La BnF conserve, au Département Droit, économie, politique, les collections de presse issues du dépôt légal. La presse en yiddish, de par son origine, constitue un pan important de l’histoire nationale et présente une richesse considérable, tant pour ce qui concerne la mémoire des populations directement concernées que pour les sources historiques qu’elle représente du point de vue de l’histoire des Juifs de France. La tâche du chercheur permettra d’obtenir une vue générale de l’ensemble des périodiques et d’en évaluer le nombre de titres et la volumétrie. Les collections de la Bibliothèque dans ce domaine sont toutefois lacunaires.

Pistes de recherches : La chercheuse ou le chercheur aura à étudier l’état de la collection de la Bibliothèque des années 1880 à la fin des années soixante en repérant les lacunes et en situant cette collection en regard de celles conservées par le Mémorial de la Shoah, de la Maison de la Culture Yiddish, du Centre Medem ou encore de l’Alliance israélite universelle. Un répertoire général de ces collections pourra permettre la mise en place d’un corpus numérique de la presse yiddish en France au 19e et au 20e siècle.

Contact : Catherine Aurérin, Directrice du Département Droit, économie, politique, Tél. 01 5379 51 00, catherine.aurerin ( arobase ) bnf ( point ) fr

Histoire des bibliothèques

31.  Le livre et les bibliothèques dans les arts plastiques        

Aussi importants dans la littérature que dans l’architecture, les thèmes du livre et des bibliothèques traversent aussi les arts plastiques. Lorsqu’elle est disparue, comme celle d’Alexandrie, ou projetée et utopique, chez les architectes visionnaires du siècle des Lumières (Boullée, Ledoux, Lequeu), la bibliothèque en stimule d’autant plus l’imaginaire. À la fois collection, meuble, bâtiment, on retrouve des bibliothèques dans les manuscrits enluminés médiévaux, et au cours des siècles suivants sous forme peinte, dessinée, sculptée, gravée. Le livre est présent dans les Vanités, dans nombre d’allégories, y compris chez Arcimboldo. Au cœur des démarches d’artistes contemporains comme l’allemand Joseph Beuys ou l’italien Claudio Parmiggiani, associé au mouvement de l’Arte Povera, des questions surgissent, autour de la mémoire, de l’accumulation et de la destruction.

Pistes de recherche : La recherche devrait permettre d’établir un recensement des œuvres plastiques ayant pour thème principal le livre et la bibliothèque, en appuyant cet inventaire sur une réflexion solide et une problématique affirmée. Le dossier « Imaginaire de la bibliothèque » (Revue de la Bibliothèque nationale de France, n° 15, 2003) propose plusieurs pistes qui pourraient être développées et prolongées. Les résultats de la recherche pourraient faire l’objet d’une publication, collective ou non.

Contact : Anne Pasquignon, adjointe au  directeur des collections pour les questions scientifiques et techniques, Tél. 01 5379 5002, anne.pasquignon  ( arobase ) bnf ( point ) fr

Histoire de la Bibliothèque nationale de France

32.  Histoire de la constitution des collections orientales du département des Manuscrits

Les débuts des collections orientales remontent au règne de François Ier (1515-1547). Les principaux enrichissements datent du règne de Louis XIV et des confiscations révolutionnaires.

Tout au long du xixe siècle, les accroissements restent importants, s'effectuant par achat de collections ou de parties de collections auprès de particuliers, ou par l'intermédiaire de libraires, tel Benjamin Duprat. Parmi les plus remarquables, on peut citer l'achat en 1833 de la collection de manuscrits arabes, persans, turcs, coptes... que Jean-Louis Asselin de Cherville (1772-1822) avait formée au Caire alors qu'il était vice-consul, ou encore, entre 1840 et 1848, l'acquisition de plusieurs milliers de volumes chinois, japonais ou mandchous issus des collections de Jules Klaproth (1783-1835), mais surtout de celles de Stanislas Julien (1797-1873), membre de l'Institut, professeur au Collège de France, nommé conservateur adjoint au département des Manuscrits en 1840 où il sera chargé jusqu'à sa mort du catalogue et de la conservation du fonds chinois.

Deux acquisitions exceptionnelles marquent la fin du xixe siècle : la collection de manuscrits mexicains de Joseph-Marie Aubin et celle de manuscrits turcs, arabes et persans de Charles Schefer, diplomate à Istanbul.

L'acquisition la plus extraordinaire reste, en 1910, celle des documents  rapportés par Paul Pelliot. Pour le xxe siècle, il faut encore citer, parmi les plus marquantes des acquisitions, le dépôt par l'Institut, en 1902, des 234 manuscrits éthiopiens qu'Antoine d'Abbadie (1810-1897) ; l'achat en 1911 d'un important ensemble d'éditions xylographiques anciennes et de cartes géographiques provenant de la vente à l'Hôtel Drouot, des collections de Victor Collin de Plancy, pour leur grande majorité coréennes, mais aussi chinoises et japonaises ; le legs par Émile Senart (1928) de sa collection de manuscrits riche de 321 documents en sanscrit et de quelques autres en diverses langues de l'Asie du Sud ; l'acquisition en 1932 de la collection que le docteur Palmyr Cordier avait réunie en Inde ; l'entrée en 1935 de 370 manuscrits éthiopiens que la mission Dakar-Djibouti avait récoltés dans la région de Gondar ; l'achat en 1946 de la bibliothèque personnelle de Paul Pelliot.

L’histoire moderne et contemporaine de ces collections et enrichissements est encore à écrire.

Volumétrie : plusieurs milliers de manuscrits.

Pistes de recherches : histoire du livre et de l’écriture, histoire des bibliothèques, histoires des collections et des collectionneurs, histoire de la sinologie, histoire de l’orientalisme, histoire des orientalistes.

Contact : Isabelle le Masne de Chermont, directrice du département des Manuscrits, Tél. : 01 5379 8322, isabelle.le-masne-de-chermont ( arobase ) bnf ( point ) fr

33.  La Joie par les livres : 1963-2007

Étude historique de l’action d’une association pilote pour le développement de la littérature de jeunesse en France, de ses acteurs et soutiens : la Joie par les Livres, de 1963 à 2007. Le chercheur aurait à travailler à partir du fonds d’archives des associations Joie par les Livres, Amis de la Joie par les Livres, et du service qui en est issu et a fonctionné de 1971 à 2007.

Volumétrie : 250 mètres linéaires d’archives de l’association et du service. À consulter également : les Papiers Natha Caputo (notes critiques, collections données, traductions réalisées…).

Pistes de recherche : Étude des acteurs et des réseaux relationnels (rapports avec l’ABF, la Bibliothèque nationale....) ; le travail de communication et d’événementiel autour de ce projet ; l’influence des techniques et idées américaines. Une étude sociale et urbaine locale est aussi pertinente.

Contact : Jacques Vidal-Naquet, directeur du CNLJ, département Littérature et art, Tél. 01 5379 5501, jacques.vidal-naquet ( arobase ) bnf ( point ) fr

34.  La création de la Bibliothèque nationale de France : 1980-2000             

Projet à la fois politique et intellectuel, la création de la Bibliothèque nationale de France a marqué les esprits en raison des polémiques et des controverses qui ont entouré sa création. Si la décision prise par le président François Mitterrand en 1988 marque une étape décisive, il importe de resituer cet événement dans l’histoire des bibliothèques françaises après 1945, et notamment, dans la perspective des divers rapports rédigés sur la situation des bibliothèques universitaires françaises et de la Bibliothèque nationale. La vision de ce qu’est une bibliothèque nationale a évolué à la fin du xxe siècle, à Paris et ailleurs. Le cas de l’institution française Bibliothèque nationale de France mériterait d’être étudié à l’aune de la situation de ses homologues – en mutation, en construction – à cette époque dans de nombreux pays étrangers.

Pistes de recherche : Le chercheur aura à étudier autant les archives administratives de l’institution (Établissement public constructeur, Bibliothèque nationale, Bibliothèque nationale de France) que les ouvrages et les médias parus pendant cette période et au-delà. Plusieurs colloques et journées d’étude – en particulier « 10 ans de la Bibliothèque de recherche », organisé à la BnF le 5 décembre 2008 – fournissent des témoignages et débats susceptibles de nourrir la réflexion.

Contact : Anne Pasquignon, adjointe au  directeur des collections pour les questions scientifiques et techniques, Tél. 01 5379 5002, anne.pasquignon  ( arobase ) bnf ( point ) fr

35.  Les publics de la Bibliothèque nationale : approche historique

Au service d’abord de la communauté restreinte des érudits et lettrés, les bibliothèques s’ouvrent peu à peu à un public plus nombreux et plus varié, en réponse aux mutations politiques, sociales et culturelles. La science bibliothéconomique émerge et, en son sein, la question de la lecture publique. Bien que la première bibliothèque française n’ait pas eu – et ce depuis son origine en raison de son mission de dépositaire de la collection patrimoniale française de référence – la nécessité impérieuse de se définir par rapport à un ou des publics prédéfinis pour exister, puisqu’elle englobait dans ses missions les publics présents et futurs, elle n’a cessé cependant de réfléchir et de s’adapter à des publics qui évoluaient, en son sein et autour d’elle. En effet, à côté des lecteurs savants, des lecteurs atypiques, catégorie mouvante se tournant vers la bibliothèque « de dernier recours », comme des lecteurs « de tout venant », utilisateurs au xixe siècle d’une salle B, ancêtre de la Bibliothèque Haut-de-jardin, ont franchi le porche du 58 rue de Richelieu.

Volumétrie : à préciser suivant le sujet de recherche retenu.

Pistes de recherche : Plusieurs recherches ont déjà été réalisées, qui constitueront une bibliographie initiale. Le chercheur devra définir une problématique intéressante en fonction de la chronologie retenue : par exemple, - émergence et développement de la notion de grand public ; - recensement des lecteurs illustres de la Bibliothèque nationale à travers des témoignages littéraires, correspondances, etc. ; - lecteurs étrangers ; analyse des guides et règlements intérieurs…

Contact : Anne Pasquignon, adjointe au  directeur des collections pour les questions scientifiques et techniques, Tél. 01 5379 5002, anne.pasquignon  ( arobase ) bnf ( point ) fr

36.  Histoire des femmes à la Bibliothèque nationale

L’histoire des femmes à la Bibliothèque nationale se lit en filigrane de nombreuses études historiques menées sur telle ou telle époque, mais aucune étude d’envergure n’a encore été lancée sur le sujet au-delà de quelques articles biographiques consacrés à quelques personnalités marquantes, lectrices ou membres du personnel de la Bibliothèque. La richesse des archives de la Bibliothèque sur ce thème ne cesse toutefois d’être prouvée et se prête à tous types de recherches, de l’approfondissement d’une thématique particulière jusqu’à une grande synthèse originale, sans exclure aucune discipline ni méthodologie.

Les sources permettent de dégager une périodisation caractéristique de la féminisation dans les institutions publiques et de la société française : les premières ouvrières des ateliers de restauration du Second Empire, les premières lectrices, la première femme directeur de département (Myriam Foncin nommée en 1942 à la tête du département des Cartes et plans), la rupture du plafond de verre et l’accès aux fonctions de direction et d’administration générale.

La spécificité de la BnF aujourd’hui peut également constituer une piste d’intérêt, avec un recrutement des agents largement indifférent au sexe dans l'attribution des affectations, magasiniers porteurs de charges y compris. Aux échelons supérieurs de l’organigramme, l’établissement public présente un management supérieur presque absolument équilibré entre hommes et femmes depuis le niveau des chefs de service : est-ce une caractéristique de la Bibliothèques ou des bibliothèques, des établissements culturels en général, un modèle transposable dans d’autres institutions ?

Volumétrie : à préciser en fonction de la problématique retenue.

Pistes de recherche : Pouvant s’inspirer de domaines aussi variés que la bibliothéconomie et l’histoire des bibliothèques, mais aussi la sociologie et les études de genre, cette recherche pourra également s’appuyer dans un premier temps sur les travaux antérieurs consacrés à la Bibliothèque (thèses, mémoires, articles), qui permettront de constituer une indispensable bibliographie commentée. Le recours aux archives administratives (dont les rapports annuels et les études internes sur les emplois et les personnels), aux archives orales, mais aussi aux publications (catalogues ou expositions dirigées par des conservatrices, récits de lectrices, réseaux sociaux...) devrait assurer une visibilité forte aux résultats obtenus : publications, présentations en lien avec le comité d’histoire de l’institution, éventuellement valorisation d’une partie des sources par la numérisation.

Contact : Anne Pasquignon, adjointe au  directeur des collections pour les questions scientifiques et techniques, Tél. 01 5379 5002, anne.pasquignon  ( arobase ) bnf ( point ) fr

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